Didier Malongo, un juriste qui a réussi sa vie entant que grand photographe

Il est toujours amusant et il sourit à tout le monde. À le voir, on croirait être en face d’un conseiller juridique d’une société des télécommunications de Kinshasa. Son habillement fait de costume-cravate, ses mocassins vernis et sa montre-bracelet lui donnent parfois l’air d’un inspecteur d’une régie financière. D’une  couleur de peau café au lait, ce jeune entrepreneur d’un peu plus de 1,80 m, à la barbe rasée, est l’un des Congolais  ambitieux qui refusent de marcher sur des sentiers battus. Lui, c’est Didier Malongo Kimana, un juriste de formation qui, au lieu de se retrouver dans un cabinet d’avocat, a choisi la photographie comme métier et a réussi. Il est à la tête de DML Factory, une agence professionnelle des reportages photo et vidéo, spécialisée dans le domaine de mariages.

L’histoire de la photographie, on le sait, a commencé en 1839, mais, la sienne comme photographe a débuté après 2010 dans son église, à Mont Ngafula, avec un seul appareil photo. Quatrième d’une famille de six enfants, tous lettrés dont deux médecins, il est celui qui a choisi de se tailler son chemin dans le roc, dans un domaine qui n’est pas de son cursus académique. Personne ne croyait en son aventure. « Ma mère se disait que j’étais l’un de ses enfants qui aurait du mal à s’en sortir dans sa vie parce que, selon elle, j’étais celui qui était dans des occupations qui ne permettent pas d’avoir une bonne position sociale. Aujourd’hui, maman a non seulement une grande admiration pour moi, mais elle se dit aussi fière de me voir émerger », affirme-t-il. Professionnel, Didier Malongo l’est. Il connaît les appareils photographiques et ceux-ci le connaissent. Même pas un iota des connaissances des Canon DSLR 5D ne l’échappe. Perpétuellement en quête du savoir et de perfectionnement, il s’est inscrit en multimédia à l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication (IFASIC). Le résultat de son travail est toujours sans pareil. De la même manière qu’un aimant attire de la limaille, la qualité de ses photos produit un effet auquel de fiancés en voie de se marier résistent difficilement. Ses photos sont comme « pimentées, chocolatées… ». Ceux qui les ont vues, ne sont plus restés insensibles. Á l’utile, il ajoute toujours l’agréable et va même au-delà. Chaque semaine, nombreuses personnes se bousculent au portillon au point que, de vendredi à dimanche, lui et son équipe prennent d’assaut les salles de fêtes de la capitale. Ceux qui ont recouru à ses services de photographie, reviennent souvent vers lui pour leurs fêtes d’anniversaire et collation de grades académiques.

Du point de vue social, il n’a rien à avoir avec l’image terne de pauvreté que l’on colle aux photographes amateurs des espaces publics tel que la place des Évolués ou la Gare de centrale, à la Gombe. Selon lui, un photographe professionnel peut mener sa vie comme toute personne responsable dans la société c’est-à-dire rouler carrosse, habiter dans un quartier huppé de Kinshasa ou s’acheter ou se construire une maison. Une automobile ou un chez-soi, ce n’est pas ce qui lui manque. Mais, pour en arriver là, il a dû bosser dur, lui qui n’était pas né avec une cuillère en argent dans la bouche. Didier Malongo peut être présenté différemment, sauf,  comme un photographe quelconque. Il est un professionnel. L’entreprenariat, il en était tombé dans son enfance. Sa place serait en principe dans un cabinet d’avocat, mais, destin ou coïncidence, l’homme est à la tête de sa petite entreprise. Après ses études en Droit faites à l’Université Libre de Kinshasa (ULK), son diplôme de licence en poche, il s’est tout de suite mis en freelance à poser les bases de ce qu’est aujourd’hui son business.

Faire de photos est pour lui une passion.  Cela explique les voyages qu’il fait régulièrement à l’intérieur et à l’extérieur du pays pour immortaliser des fêtes des mariages. En 2017, par exemple, il était dans plusieurs provinces du pays et au Cameroun. La Zambie et l’Afrique du Sud sont deux autres pays qu’il a visités dans le cadre de son travail. Toutefois, il n’est pas seul dans cette œuvre parce que cinq jeunes, formés par lui-même, y travaillent et y gagnent aussi leurs vies.

Certains de ses amis préfèrent appeler Malongo « le photographe de la République » parce qu’il fait ses reportages aussi bien dans les institutions publiques que privées. C’est grâce à cet art qu’il a travaillé à la Croix-Rouge de la RDC et est actuellement membre de la cellule de communication de la Primature. Il n’y a pas de sot métier, dit-on. Dans une émission sur Télé 50, il a appelé les autorités de la ville de Kinshasa à ouvrir certains espaces publics aux visiteurs de manière à permettre aux photographes de faire leur travail. Le jeune patron est marié à une pulpeuse et charmante femme, licenciée en Economie avec laquelle ils constituent les deux « tourterelles » évoluant épaule contre épaule dans une parfaite union d’amour. Seul bémol, la mort de papa Malongo son géniteur reste pour lui un mauvais souvenir.

 

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