Jusqu’où ira Adolphe Muzito?

Adolphe Muzito Mfumunsi semble marcher à contre-courant de la ligne de conduite de sa formation politique, le Parti lumumbiste unifié (PALU). Il a déclaré dans une interview qu’il a accordée à Radio Okapi, vendredi 16 mars, que la coalition entre le PALU et la Majorité présidentielle (MP) devrait cesser d’exister. Apparemment, ses initiatives ne mettent plus Antoine Gizenga, secrétaire général du PALU, à l’aise. Celui-ci à vite réagi en plaçant Godefroid Mayobo au poste de secrétaire adjoint que Muzito a occupé jusqu’à récemment. Mais, jusqu’auboutiste, l’ancien Premier ministre ne décolère pas. D’après lui, chaque parti devrait se préparer pour affronter les prochaines élections sous ses couleurs propres.

« On n’ira pas aux élections comme Majorité présidentielle ni comme opposition. On va aux élections selon la ligne politique, le programme, avec une identité qu’il faut vendre auprès du peuple et ce que sous-tend cette identité-là. Nous ne voulons pas de cadeaux empoisonnés. Nous ne voulons pas non plus soutenir les gens, qui ne seront pas d’accord avec notre politique. Retrouvons nos identités. Que chacun débatte avec les forces en présence», a-t-il déclaré.

Pour l’ex Premier ministre, le moment de discuter des programmes politiques en vue de nouvelles alliances électorales est arrivé.

«Nous ne voulons pas soutenir des gens qui ne seront pas d’accord avec notre politique. Jusqu’ici nous avons commencé des contacts. C’est notre droit et tout le monde s’y met d’ailleurs.  Le PPRD consulte, constitue des regroupements politiques. Nous aussi ! Après, on verra. On ne peut pas chercher à manipuler, à tripoter, à diviser les gens et à affaiblir les autres. Ça c’est anti-démocratique !», a il lâché. Le même vendredi, Adolphe Muzito a rencontré le cardinal Laurent Monsengwo. D’aucuns se posent la question de savoir jusqu’où veut-il aller car, après l’organisation des universités populaires et diverses tribunes, personne ne connaît la prochaine étape de sa démarche. Après sa rencontre avec les responsables des autres partis politiques de l’opposition, c’est le suspense.