RDC : Pour les notables de Maniema, les résultats des consultations doivent favoriser la bonne santé de l’économie et le désenclavement de leur province

Reçu par le président de la République Félix Tshisekedi dans le cadre des consultations nationales, le Collectif des notables du Maniema a fait une restitution des échanges avec le chef de l’État aux ressortissants de cette province. C’était au cours d’une activité organisée mercredi 25 novembre à Kinshasa.

À cette occasion, le coordonnateur de ce Collectif, Jean-Marie Kalumba Yuma, a rappelé les différents points inscrits au mémorandum qu’ils ont soumis au Chef de l’État concernant la situation politique actuelle ainsi que le développement socioéconomique du pays en général et de la province du Maniema en particulier.

À l’en croire, il a surtout été important de s’appesantir sur les questions économiques, car « le désenclavement de la province du Maniema en dépend ».

« Notre choix est édicté par la position géographique de notre province. Le Maniema est enclavé, nous devons faire de sorte que nous puissions désenclaver notre province. On doit faire le lobbying auprès des autorités de la République pour y arriver. C’est ça notre démarche. Le désenclavement va mener à faire tourner l’économie, nous n’avons pas des routes, nous n’avons que deux entreprises. L’entreprise principale, la Sakima, qui avait 5000 travailleurs, aujourd’hui, elle n’existe presque plus et on a gardé que 600 travailleurs. Voilà les raisons fondamentales qui font de sorte de nous appesantir sur l’économie », a-t-il déclaré.

S’agissant des consultations, le Collectif des notables de Maniema a dit avoir encouragé le président Tshisekedi dans sa démarche des consultations et exprimé son soutien à l’idée de la création d’une Union sacrée de la nation.

« Nous avons encouragé le chef de l’État. C’est une initiative louable et noble de convoquer les consultations en vue de la création de l’Union sacrée pour la nation. Nous ne sommes pas des aveugles, ni des sourds, nous voyons des crises à répétition au FCC-CACH. Le pays ne peut pas avancer avec ces crises, il faut débloquer la situation », a indiqué Jean-Marie Kayumba Yuma.

Et de renchérir : « La dissolution de la coalition, ce n’est pas ça d’abord notre problème. Ce qui nous intéresse, c’est d’abord le Congo dans son ensemble. Cela veut dire, il y a une coalition FCC-CACH qui a montré ses limites et le chef de l’État a dit il va créer une Union sacrée de la nation, c’est un ensemble beaucoup plus globalisant que le FCC-CACH. Ce qui est important, c’est intégrer d’autres forces pour résoudre le problème. L’intérêt du congolais prime sur l’intérêt de la coalition ».

20201125 163026

Par ailleurs, le Collectif des notables du Maniema a, à travers le même mémorandum, suggéré au président de la République la désignation d’un informateur pour identifier une nouvelle majorité disposée à accompagner sa vision.

Aussi, ces ressortissants ont-ils souhaité, de manière générale, que la Banque Centrale du Congo joue réellement son rôle afin qu’elle soit solide et stable, et de façon particulière, que soit favorisée la desserte en eau et en électricité, à l’instar du désenclavement, via la régulation des voies d’accès (avion, train, bateau, route) vers la province.

In globo, 8 recommandations ont été inscrites dans leur mémorandum :

  • La recomposition de la majorité parlementaire et la nomination conséquente d’un nouveau premier ministre avec un gouvernement réaménagé totalement ;
  • La mise en place d’une équipe technique des experts chargés de réviser la constitution et de préparer sur cette base les élections de 2023 ;
  • Améliorer la gouvernance de l’exécutif du pays suivant les délais indiqués dans ce document ;
  • Améliorer la gestion des finances publiques conformément aux propositions reprises dans ce mémo ;
  • Renforcer la Banque Centrale du Congo en tenant compte des pistes relevées dans ce mémo ;
  • Favoriser l’émergence d’un nouveau leadership politique au Maniema ;
  • Permettre à la Sakima de reprendre la production industrielle du coltan, cassitérite et wolframite ;
  • Résoudre par les négociations la crise entre la population de Namoya et la société Banro qui vient de vendre ses concessions à Shomka Ressources Limited afin de permettre au finish à la société de relancer la production de l’or.

Corneille Lubaki

À la une

Également sur Actu 30