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« Mégestion » de la ville de Kinshasa : Des députés provinciaux demandent aux élus nationaux de se « concentrer sur les questions d’intérêt national »

A travers un communiqué parvenu à Actu30.cd, vendredi 13 août 2021, des députés provinciaux de la ville de Kinshasa ont réagi aux propos critiques du caucus des élus nationaux de la même ville au sujet de la gouvernance de la capitale congolaise.

À ce sujet, les députés provinciaux de Kinshasa défendent le bilan de la ville et ont relevé ce qui suit :

  1. Concernant la question de la salubrité
  • Dès leur entrée en fonction, la ville de Kinshasa était envahie par les montagnes d’immondices. Aujourd’hui, toute personne sérieuse constate que ces montagnes de déchets ont disparu dans la ville de Kinshasa qui est mieux éclairée, à ce jour, que certaines villes.
  • Lorsqu’ils parlent des immondices qui jonchent la ville de l’aéroport au centre ville, ces allégations ne reflètent pas la réalité, car à part le District de Tshangu qui a encore quelques problèmes, de la place des Eucalyptus (N’djili) au centre-ville, toute la population constatera avec nous que ce tronçon est balayé chaque jour comme toutes les autres artères de notre ville.
  • C’est ici l’occasion de rappeler que la ville de Kinshasa produit à ce jour 10.000 tonnes de déchets chaque jour, exigeant ainsi un montant de 15.000.000 d’euros par mois, d’après les études de l’Union européenne.
  • Nous rappelons aux élus nationaux qu’avant de s’exprimer en public ils doivent apprendre à convoquer les grandes forces de l’intelligence pour savoir que ce budget n’a jamais été accordé à la ville de Kinshasa par le gouvernement central, apparemment à cause de la pandémie de Covid-19.
  • Nous demandons aux élus nationaux de bien lire la reddition des comptes du budget 2020 qui se trouve au Palais du peuple, et se rendront compte que le Budget de la ville de Kinshasa est financé à 70% près par le gouvernement central. Et que pour l’exercice ci-haut cité, la ville a reçu moins de 20% de ce qu’elle attendait du gouvernement central.

À cette occasion, ces élus provinciaux dénoncent véhémentement la diffusion des images de montage sur les différentes chaines de télévision et les réseaux sociaux qui ne cadrent pas avec les réalités du terrain.

  1. Concernant l’insécurité

Ce groupe des députés provinciaux rappellent que la problématique de la sécurité dans la ville de Kinshasa relève de la Police Nationale Congolaise qui relève du gouvernement central. L’Assemblée provinciale de Kinshasa a, il y a peu, voté une motion de défiance contre le ministre provincial de l’Intérieur par souci de sécuriser les kinoises et kinois.

S’agissant des constructions anarchiques, ils rappelent à ces élus nationaux que d’après le droit congolais de l’urbanisme, ce sont des ministres nationaux qui attribuent des arrêtés d’occupations des terres dans la ville de Kinshasa.

Selon eux, les élus nationaux devraient d’abord interpeller tous les ministres nationaux qui ont loti même des avenues à Kinshasa, au lieu de diriger leur déclaration vers la ville de Kinshasa.

En ce qui concerne la circulation routière dans la capitale, ils demandent aux élus nationaux de reconnaitre les efforts fournis par le Chef de l’Etat qui a construit les sauts-de-mouton qui réduisent aujourd’hui tant soit peu et interpellé les autorités nationales qui gèrent la Police de roulage.

De ce qui précède, ils tiennent à souligner ce que tout en reconnaissant la liberté d’expression des élus nationaux, ils demandent à la population kinoise d’apprécier les efforts fournis par l’Assemblée provinciale de Kinshasa et son exécutif dans l’assainissement et l’éclairage de la ville sans oublier les nouvelles routes en construction, malgré les moyens insuffisants.

L’Assemblée provinciale de Kinshasa s’engage à soutenir, sans réserve, les actions du Chef de l’Etat et rappelle aux élus nationaux que la loi sur la Décentralisation reconnait aux provinces l’autonomie de gestion et demande à ces derniers de se concentrer sur les questions d’intérêt national.

Pour rappel, le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean Marc Kabund, à l’issue d’une rencontre, le 10 août dernier, avec le caucus des députés nationaux élus de la ville de Kinshasa, a critiqué la gestion de la capitale. Il a notamment estimé que la ville n’est pas gouvernée et que l’autorité de l’État n’existe pas.

Winnie Imana

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