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Béatification de Floribert Bwana Chui : « Le béatifié, c’est un chrétien qui a vécu de façon exemplaire et qui est décédé en odeur de sainteté » (Mgr Donatien N’shole)

En marge de la cérémonie de béatification de Floribert Bwana Chui, qui a eu lieu le dimanche dernier à Rome, Monseigneur Donatien N’shole, secrétaire général et porte-parole de la conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) , a apporté la lumière sur l’importance de la béatification.

À l’en croire, un béatifié est une personne dont la vie de foi, d’engagement et de témoignage a profondément marqué sa communauté.

« Le béatifié, c’est un chrétien qui a vécu de façon exemplaire et qui est décédé en odeur de sainteté », a-t-il expliqué.

Contrairement à l’idée que la sainteté est réservée aux religieux ou aux reclus, Donatien N’shole a indiqué que la vie de Floribert démontre que « la sainteté peut se vivre dans le quotidien, dans le travail ».

Un processus rigoureux

Monsieur Donatien Nshole a indiqué que le processus de béatification débute au sein de la communauté locale.

« C’est la communauté qui propose à l’Église qu’on le présente comme modèle », précise Mgr N’shole.

Dans le cas de Floribert Bwana Chui, le porte-parole de la CENCO a laissé entendre que c’est la communauté Sainte Édith qui a sollicité l’évêque, donnant ainsi le coup d’envoi au processus diocésain. Un postulateur, a-t-il ajouté, a été nommé, chargé de recueillir témoignages et documents, en collaboration avec un promoteur de justice.

Après cette phase d’enquête locale, a-t-il poursuivi, le dossier est envoyé à la Congrégation pour la Cause des Saints à Rome. Là, une nouvelle série d’enquêtes s’ouvre, avec notamment l’examen minutieux par un « avocat du diable », chargé de rechercher d’éventuelles contradictions ou éléments défavorables. Si tout est conforme, le Saint-Père peut alors proclamer la personne « bienheureuse ».

Un honneur pour l’Église du Congo :

Avec la béatification de Floribert Bwana Chui, la République démocratique du Congo compte désormais quatre bienheureux : deux religieux, un prêtre et un laïc, « trois hommes et une femme ».

« C’est un honneur pour le pays. Nous sommes quand même la première Église catholique en Afrique, au niveau de la population, mais aussi de la contribution », a-t-il souligné.

Une réponse chrétienne à la corruption :

La béatification de Floribert Bwana Chui est aussi un signal fort contre la corruption, affirme le Secrétaire général de la CENCO.

« Comme l’a dit le cardinal Ambongo, l’Église, à travers la CENCO, prendra des initiatives concrètes pour intensifier la lutte contre la corruption. Une orientation pastorale sera mise en œuvre, s’appuyant notamment sur la Commission Justice et Paix déjà active au sein de l’Église catholique congolaise », a-t-il déclaré.

La sainteté, une vocation pour tous :

En somme, la vie et la mort de Floribert Bwana Chui rappellent que la sainteté n’est pas une utopie réservée à une élite, mais un appel lancé à tous les baptisés.

« Il ne faut pas chercher à vivre de façon extraordinaire, s’enfermer dans une sacristie. La sainteté se vit dans le quotidien », insiste Mgr N’shole.

Et de conclure :

« Aujourd’hui, sa famille, autrefois frappée par le chagrin, est dans la joie de constater que leur fils est un don à l’Église universelle. Il n’est pas tombé du ciel : c’est un être de chair et de sang, élevé à la sainteté »

Rappelons que Floribert Bwana, tué à l’âge de 26 ans, a été béatifié le dimanche 15 juin 2025, lors d’une messe présidée par le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère pour les Causes des Saints, à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, à Rome.

Rachel Kitsita

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