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Cuivre congolais : Cyrille Mutombo plaide pour une industrie minière ouverte, inclusive et performante

À l’occasion de la DRC Mining Week, Cyrille Mutombo, directeur général de Kibali (groupe Barrick) en RDC, est revenu sur une visite de terrain sur l’un des sites d’exploration dans le Haut-Katanga. Une immersion qui renforce sa vision : bâtir une industrie cuprifère moderne, mêlant transfert technologique, main-d’œuvre locale et savoir-faire international.

« Avant cette visite, je n’avais jamais vu de mes propres yeux la construction d’échappées, ces dispositifs techniques essentiels à l’extraction minière », confie-t-il, encore impressionné par l’avancée des travaux. « Des experts australiens nous ont accompagnés dans cette phase, preuve que nous allons chercher les compétences là où elles se trouvent », a-t-il ajouté.

Avec un ton mesuré, mais ferme, Cyrille Mutombo a défendu une approche équilibrée entre souveraineté nationale et ouverture aux investissements et expertises étrangères. À l’en croire, le développement minier du Congo passe par une double dynamique législative :

« Il faut deux lois souples : l’une pour accélérer l’industrialisation du pays, l’autre pour accueillir les partenaires internationaux. C’est cet équilibre qui est difficile à atteindre. Certains nationalistes disent que le Congo appartient aux Congolais, c’est vrai. Mais cela ne signifie pas qu’on doive tourner le dos à l’expertise extérieure », a-t-il soutenu.

Pour réussir ce pari, insiste-t-il, l’État congolais doit jouer un rôle moteur :

« Le gouvernement doit se positionner comme un facilitateur. Si ce rôle est pleinement assumé, nous pourrons aller beaucoup plus loin dans le développement du secteur », a-t-il indiqué.

Une stratégie de long terme :

Pour Cyrille Mutombo, sa déclaration s’inscrit dans une vision déjà affirmée en février dernier, lors du forum Mining Indaba en Afrique du Sud, où il annonçait l’entrée active de Barrick dans le cuivre congolais.

« Après l’or, notre prochaine grande activité en RDC sera le cuivre. Nous avons obtenu plusieurs permis dans le Haut-Katanga depuis l’année passée. Nos géologues sont sur le terrain, les travaux ont commencé. Il s’agit encore d’exploration, un processus de longue haleine », a-t-il noté.

Forte de son expérience mondiale, notamment en Zambie où elle a investi plus de 3 milliards de dollars dans le cuivre, Barrick mise sur la stabilité et la durée. Au Pakistan, l’entreprise développe également un immense projet combinant or et cuivre, avec une durée de vie estimée à près de 100 ans.

« C’est cette expertise à long terme que nous souhaitons mettre au service du Congo. Nous voulons faire avancer notre agenda cuivre comme nous l’avons fait pour l’or », poursuit-il.

Le Haut-Katanga, carrefour des enjeux :

La hausse mondiale de la demande en cuivre, portée par les énergies renouvelables et la transition électrique, redonne au Haut-Katanga un statut de région stratégique. Barrick, à l’instar d’autres acteurs du secteur, entend s’y installer durablement. Mais les ambitions vont au-delà des seuls profits.

Il s’agit aussi de refonder le modèle minier congolais : encourager l’industrialisation locale, intégrer les communautés, respecter l’environnement et créer une coopération harmonieuse entre l’intérêt public et les acteurs privés.

Le témoignage de Cyrille Mutombo ne relève pas seulement du constat technique : il dessine les contours d’une nouvelle vision pour le secteur minier. Une vision d’avenir, ambitieuse, inclusive, et profondément ancrée dans les réalités congolaises.

James Mushiya, envoyé spécial à la DRC Mining Week

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