Intervenant ce jeudi 12 juin, au deuxième jour de la DRC Mining Week, lors d’un panel consacré au thème : « Positionner la RDC en tant que pays minier de premier plan », Olivier Binyingo, représentant de Kamoa Copper SA/Ivanhoe Mines RDC, a mis en avant le potentiel immense de la République Démocratique du Congo, tout en appelant les investisseurs à s’intéresser à ce pays qu’il qualifie de terre d’opportunités et de ressources stratégiques.
« J’ai tendance à dire que nous sommes déjà des leaders. Sur la base des productions que j’ai analysées, nous sommes, en tant que pays, le deuxième plus grand producteur mondial de cuivre. Cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas aller plus loin ni faire mieux », a affirmé Olivier Binyingo avec conviction.
Gouvernance, infrastructures, capitaux : les piliers d’un futur minier ambitieux
Dans son analyse, Olivier Binyingo n’a pas éludé les défis auxquels est confronté le secteur minier congolais. Il les a plutôt identifiés comme des leviers à transformer en opportunités stratégiques. Il a insisté sur trois axes prioritaires :
- La gouvernance : au-delà de la lutte contre la corruption, il prône une gestion plus efficace, modernisée et appuyée sur les technologies;
- Les infrastructures : notamment l’électricité, essentielle à l’industrialisation minière. Il a souligné l’urgence de renforcer l’accès à une énergie fiable pour soutenir la croissance du secteur; et,
- Les capitaux humains et économiques : du développement des compétences locales à l’intégration des communautés et des sous-traitants.
il a plaidé pour une approche inclusive de la croissance minière.
« Nous devons nous focaliser sur tout l’écosystème économique. Les sociétés minières ont besoin de services développés ici même, en RDC. Produire localement des prestataires matures changera le narratif », a-t-il souligné.
Une ambition régionale portée par une vision panafricaine :
Face aux ambitions de la Zambie, qui vise une production de trois millions de tonnes de cuivre, Olivier Binyingo a posé une question à la fois simple et lourde de sens :
« Pourquoi la RDC ne serait-elle pas aussi capable d’exporter son expertise et ses capacités vers ses voisins ? Nous avons tout pour devenir des pionniers en Afrique », s’est-il interrogé.
Par cet appel, ce cadre de Kamoa Copper SA a mis en lumière une RDC qui ne doit plus se contenter d’être un réservoir de matières premières, mais devenir une nation moteur d’innovation, d’industrialisation et de leadership continental dans l’industrie minière.
La DRC Mining Week 2025 s’impose ainsi, plus que jamais, comme une plateforme stratégique pour façonner l’avenir du secteur extractif congolais.
James Mushiya, envoyé spécial à Lubumbashi








