En séjour dans la province du Lualaba où elle participe étant que vice-présidente de la Conférence des gouverneurs, la première ministre s’est rendue dans les installations de Kamoto Copper Company (KCC).
Entourée de quelques membres de son équipe, notamment les ministres de la Communication et Médias, du Tourisme, de la Jeunesse ainsi que de la Pêche et Élevage, elle a inspecté plusieurs sites d’exploitation de cette entreprise minière stratégique.
KCC, détenue à 70 % par le géant Glencore, 25 % par la Gécamines et à 5 % par l’État congolais, a présenté son bilan d’activités, mettant en lumière ses performances, mais aussi les nombreux défis sécuritaires auxquels elle fait face.
Parmi les préoccupations majeures soulevées, il y a notamment l’insécurité liée à la présence répétée de creuseurs artisanaux dans les mines à ciel ouvert de KOV et Mashamba, souvent soutenus, selon KCC, par des comptoirs d’achat voisins.
Au cours de sa visite, Judith Suminwa a parcouru la mine de KOV, le concentrateur de Kamoto et l’usine de Luilu, abritant la salle d’électrolyse où sont produites les cathodes de cuivre. Sur place, elle a reçu des explications détaillées sur chaque étape de la chaîne de production, de l’extraction à la transformation.
Judith Suminwa a salué la place accordée aux femmes au sein de KCC. Sous la présidence de Chantal Kanyinda, le conseil d’administration reflète cette volonté d’inclusion. Elle a particulièrement mis en valeur les 59 conductrices de camions de 240 tonnes, formées par l’entreprise, dont elle a brièvement rejoint l’une pour une démonstration de conduite.
»Vous êtes pour nous un symbole d’espoir, de courage et de détermination. Aujourd’hui, nous célébrons la femme congolaise qui ose, qui agit, qui transforme et qui construit. Nous célébrons le modèle de leadership que vous incarnez. Et surtout, nous célébrons l’héritage que vous laissez aux générations futures », a témoigné la présidente des femmes de KCC.
Au siège de cette société, la cheffe du Gouvernement a échangé successivement avec le comité de gestion et la délégation syndicale. Elle a ensuite résumé à la presse les points clés de cette visite qu’elle a voulu symbolique.
»Pour moi, c’est l’intérêt non seulement de voir que KCC fonctionne correctement, mais aussi de voir comment KCC est rentable, parce que l’État y détient également des parts. Et nous avons besoin d’entreprises qui sont rentables. On nous a donné des éléments de preuve quant à tout ce que cela peut générer comme contrats dans le cadre de la sous-traitance. C’est vraiment quelque chose qui permet d’assurer au moins que les employés congolais ont une place certaine. On a bien vu : c’est plus de 6 000 employés locaux au niveau de KCC, et plus ou moins 5 000 au niveau de la sous-traitance. C’est quand même important, et cela, il faut le soutenir. Et donc cela entre vraiment dans la vision du Chef de l’État », a-t-elle expliqué.
S’agissant des incursions de creuseurs artisanaux, la Première ministre a assuré que la situation est prise en compte par les autorités.
»Cette question-là, si vous avez suivi le compte rendu du conseil provincial de sécurité d’hier, présenté par le Chef de l’État, a bien été abordée. Donc, des mesures sont en train d’être prises à ce sujet. On réfléchit aussi à des alternatives pour ces creuseurs artisanaux », a-t-elle affirmé.
En cette journée d’anniversaire, Judith Suminwa a tenu à souligner la valeur du travail de proximité et l’importance d’un Gouvernement engagé sur le terrain.
»C’est le 12 juin 2024 que nous avons été investis par l’Assemblée nationale. Et donc, pour moi, c’est un moment de joie de pouvoir me retrouver sur le terrain avec les ministres qui m’accompagnent, et de voir de visu le travail qu’on fait et comment ce travail peut apporter un plus à la population », a-t-elle reconnu.
Elle a également réaffirmé la volonté du Gouvernement de collaborer avec le secteur privé pour stimuler l’économie nationale et créer davantage d’emplois.
»Le développement de la République démocratique du Congo ne peut se faire qu’à travers le secteur privé. Et si l’on travaille notamment avec des industries, cela permettra de générer des ressources, d’améliorer les infrastructures, d’augmenter la production énergétique. Par exemple, KCC a réhabilité deux turbines d’Inga 3. Donc, si le travail est bien fait, cela permet véritablement un développement du pays. Et donc, le Gouvernement ne peut que travailler avec eux », a conclu la Première ministre.
Il sied de noter que le gouvernement dirigé par la première ministre, Judith Suminwa Tuluka a été investi le 12 juin 2024 par l’Assemblée nationale.
Yann Ekutshu








