Une vingtaine de journalistes et de leaders de la jeunesse de la ville de Bunia et de Kasenyi ont pris part à une formation intensive consacrée à la lutte contre la désinformation et aux fondamentaux de l’écriture journalistique.
Cette formation de deux jours a été organisée du 12 au 13 janvier 2026 par la Section des Communications stratégiques et de l’Information publique de la MONUSCO.
Lors de la première journée, les participants ont revisité les notions clés de la désinformation : ses causes, ses mécanismes, ses manifestations, mais aussi ses conséquences parfois dévastatrices dans une région où les tensions peuvent se raviver en quelques heures.
À travers des échanges, des analyses de cas et des exercices pratiques, chaque participant a renforcé sa capacité à identifier une fausse information, à en mesurer les risques et à adopter les bons réflexes avant toute diffusion.
Pour les jeunes leaders, cette formation arrive à un moment critique.
« Je suis désormais outillé pour descendre sur le terrain et sensibiliser les jeunes, surtout dans une province qui traverse des situations compliquées où des cas de désinformation peuvent facilement soulever la population », déclare Joël Madhira, représentant du Conseil urbain de la jeunesse de Bunia.
Le chef de bureau de la MONUSCO à Bunia, Josiah Obat, a insisté sur la nécessité de se référer à des sources fiables :
« La MONUSCO est là pour protéger les civils. Lorsque vous voyez des informations sensibles non vérifiées, nous sommes là pour vous éclairer. Nous ne sommes pas une force d’occupation : nous sommes une mission de paix, et notre rôle est d’aider à résoudre les problèmes et à ramener la stabilité », a-t-il déclaré.
Lors de la session consacrée à l’écriture journalistique, les journalistes, confrontés quotidiennement à la pression sécuritaire et à la multiplication des sources douteuses, ont salué la pertinence de cette formation.
Pour Grace Birungi, de la radio CANDIP-Bunia :
« Relayer une fausse information peut avoir des répercussions sécuritaires, économiques, sanitaires… et même détruire des vies. J’ai retenu qu’il faut absolument vérifier avant de partager. Beaucoup de jeunes ont des smartphones, mais ne savent pas que ce qu’ils diffusent peut être nuisible. Après cette formation, je sais désormais quoi partager et quoi éviter », a-t-il dit.
Le responsable de l’Information publique de la MONUSCO en Ituri, Jean-Tobie Okala, formateur, a rappelé la responsabilité éthique qui accompagne la pratique du journalisme :
« Le micro est une arme. Nous devons faire attention à ce que nous écrivons et diffusons, car cela peut créer des tensions ou des violences au sein des communautés. Cette formation vise justement à attirer l’attention des journalistes sur les dangers que peuvent provoquer leurs écrits », a-t-il martelé.
Avec la circulation instantanée des rumeurs et des contenus manipulés, les réseaux sociaux constituent aujourd’hui le principal champ de bataille contre la désinformation. Identifier une fausse information, la traiter et rétablir la vérité dans les meilleurs délais devient une exigence quotidienne pour les journalistes et les leaders communautaires.
La formation s’est achevée dans une atmosphère mêlant motivation et responsabilité. Les participants ont réalisé des exercices pratiques, une démonstration de journal radio en direct, travaillé sur différents formats journalistiques et réaffirmé ensemble un engagement commun : devenir des acteurs de vérité et de paix dans leurs communautés.
Anderson Shada Djuma/Beni








