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Sud-Kivu : les blessés par armes à l’Hôpital de Fizi en forte hausse, le CICR renforce son assistance‎



Les affrontements qui ont eu lieu depuis la fin du mois de décembre 2025, au Sud-Kivu, dans le territoire de Fizi et ses environs, ont fait quadrupler le nombre de blessés par armes hospitalisés à l’Hôpital Général de Référence de Fizi (HGR), soutenu par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

‎Depuis décembre, le CICR indique dans un communiqué de presse publié ce vendredi 23 janvier que des tentes supplémentaires ont été installées afin d’augmenter la capacité d’accueil du service des blessés par armes de l’Hôpital Général de Référence (HGR) de Fizi.

‎Cette organisation note que le 10 janvier, une équipe chirurgicale d’urgence du CICR a été déployée dans cette structure afin d’appuyer les équipes locales dans la prise en charge des blessés.

‎« Au 18 janvier 2026, il y avait 115 blessés hospitalisés dans cet établissement alors qu’il n’a qu’une capacité initiale de 25 lits. La plupart des nouveaux cas sont arrivés avec des blessures infectées à cause d’une prise en charge retardée. Beaucoup n’ont pas pu recevoir les soins de stabilisation adéquats dans les structures de santé périphériques par lesquelles ils sont passés », déplore le docteur Richard Lwandja, médecin à l’Hôpital de Fizi.

‎Les arrivées tardives des blessés par armes à l’Hôpital Général de Référence de Fizi sont symptomatiques de la défaillance fonctionnelle des structures de santé situées à proximité des zones de combats. De nombreuses structures de santé de première ligne, qui devraient être en mesure de soigner des blessés, restent paralysées en raison des effets des combats et de l’insécurité dans la région, caractérisée par des pillages, des ruptures de stocks de médicaments ou encore par le manque de personnel soignant contraint de fuir.

‎Le Comité international de la Croix-Rouge a déclaré que les défis liés aux transferts d’une structure médicale à une autre pour une prise en charge appropriée des blessés constituent une autre cause de leurs arrivées tardives à l’hôpital de Fizi. Les équipes du CICR et de la Croix-Rouge de la RDC avaient reçu de nombreuses demandes d’évacuation des dizaines de blessés restés coincés, notamment au sud de la ville d’Uvira et sur les hauts-plateaux dans le territoire de Fizi.

‎« Cela pouvait prendre plusieurs heures à nos équipes pour atteindre la zone d’évacuation, en particulier lorsque nous n’obtenions pas les garanties de sécurité dans les meilleurs délais ; or chaque minute compte pour les blessés », explique Wendy Fleury, cheffe de la sous-délégation du CICR à Bukavu, au Sud-Kivu.

‎La difficulté d’obtenir des garanties de sécurité de la part des parties au conflit peut constituer un obstacle majeur à l’accès du personnel humanitaire aux personnes et aux zones touchées par le conflit. Elle peut aussi compromettre gravement la mise en œuvre des opérations humanitaires.

‎« C’est l’exemple de notre équipe chirurgicale d’urgence qui est arrivée à Fizi en provenance d’Uvira et qui a dû faire six jours de route alors qu’elle aurait pu faire trois heures de trajet sur le lac pour y arriver. Le manque d’accès nous a imposé ce détour, retardant une aide précieuse pour de nombreux blessés », constate François Moreillon, chef de délégation du CICR en RDC.

‎Le CICR rappelle à toutes les parties au conflit qu’elles doivent faciliter l’accès aux soins de santé pour les malades et les blessés, incluant l’évacuation des blessés, y compris ceux de la partie adverse ; faciliter l’accès aux établissements de santé et autoriser le passage des fournitures médicales essentielles, en vertu du droit international humanitaire (DIH). Elles doivent également autoriser et faciliter un accès humanitaire rapide et sans entrave aux populations dans le besoin.

‎Comme intermédiaire neutre, dans un contexte humanitaire qui continue à se détériorer, le CICR va œuvrer à renforcer ses efforts avec les parties au conflit afin de promouvoir et garantir un espace humanitaire plus ouvert et un accès humanitaire plus efficace.

Anderson Shada Djuma/Beni

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