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RDC : la Banque centrale n’est pas responsable des retards de la paie des agents de l’État (Germain Kambinga)




Dans une publication faite, lundi 16 février sur ses réseaux sociaux, Germain Kambinga, économiste et acteur politique, a livré une lecture technique du débat actuel autour de l’inflation du franc congolais, de la politique monétaire et des retards de paiement des agents publics.

‎Alors que plusieurs voix critiques pointent la Banque centrale du Congo (BCC) comme responsable indirecte des tensions de trésorerie de l’État, Germain Kambinga adopte une position différente.

‎Pour cet expert en en politiques monétaires et financières, établir un lien causal direct entre l’appréciation du franc congolais et les retards structurels de salaires relève d’une « lecture méthodologiquement fragile ».

‎À l’en croire, le problème ne serait pas monétaire, mais budgétaire. Le Président du regroupement politique Le Centre estime que la racine du dysfonctionnement se situe davantage dans l’absence d’un cadre crédible de pilotage infra-annuel des dépenses publiques. Il évoque notamment :
‎le manque de programmation et de priorisation mensuelle des engagements ;
‎l’absence de séquentialisation rigoureuse des décaissements ; une gestion budgétaire maintenue en « flux contraint ».

‎L’ancien ministre de l’industrie estime que la question centrale n’est donc pas la stabilité nominale ou l’orthodoxie monétaire, mais la faiblesse structurelle de la gestion active de la trésorerie de l’État.

‎Dans son analyse, il rappelle que la mission de la Banque centrale du Congo est clairement définie : garantir la stabilité monétaire et financière et préserver la crédibilité du cadre macroéconomique.

‎Même si elle agit comme conseillère économique du gouvernement, cette institution ne saurait, selon lui, être assimilée à une cogestionnaire de la politique budgétaire. Son indépendance institutionnelle l’empêche de corriger ou de compenser les insuffisances de la gestion des finances publiques.

‎D’après Germain Kambinga, transférer implicitement la responsabilité des retards de paie vers l’autorité monétaire constituerait ainsi, une confusion des mandats et un risque pour l’architecture macroéconomique.

‎Germain Kambinga plaide pour un « basculement paradigmatique » : passer d’une comptabilité publique essentiellement normative et ex post à une gestion stratégique, prospective et orientée vers la liquidité et la soutenabilité dynamique.

‎Par ailleurs, cet économiste de formation, a indiqué qu’à défaut d’une réforme technico-institutionnelle assumée par l’exécutif, toute explication fondée exclusivement sur des variables monétaires ne serait, selon lui, qu’un écran de fumée masquant les véritables causes de la fragilité budgétaire.

Josué Bengbazo

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