La société civile force vive du Maniema (SOCIMA) sollicite du chef de l’État, Félix Tshisekedi, d’ordonner la levée de la mesure portant gel des comptes bancaires des structures de la fondation Mapon, appartenant à l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo.
Cette demande a été exprimée, le jeudi 19 mars 2026, lors d’une marche pacifique dispersée par la police dans la ville de Kindu. Cette mobilisation visait à protester contre la décision du procureur général près la Cour constitutionnelle ordonnant le gel des comptes bancaires de plusieurs centres hospitaliers, établissements scolaires et de l’Université Mapon.
« Cette décision du procureur général, qui jusque-là n’est pas notifiée, n’a pas tenu compte de la distinction entre la personne de Matata Ponyo, qui est une personne physique, et la fondation Mapon, qui est une association sans but lucratif, une institution et une personne morale dotée de sa propre personnalité juridique. Ce gel généralisé des comptes bancaires de la fondation Mapon, qui organise plusieurs services éducatifs, culturels et sanitaires en son sein, à savoir les écoles maternelles, primaires et secondaires, l’université et ses homes, les centres hospitaliers, les aires de jeux et l’amphithéâtre, et qui emploie plus de 500 agents, entraîne aujourd’hui d’énormes conséquences et plusieurs violations massives des droits humains, notamment ceux à l’éducation, à la culture et à la santé, qui sont essentiels et fondamentaux. Également le droit à l’emploi, tous garantis par notre Constitution, au regard de ses articles 43, 45, 46 et 47 », a déclaré Stéphane Kamundala, coordonnateur de cette structure citoyenne.
Il a également exprimé sa déception face à cette marche pacifique étouffée par la police sur ordre du gouverneur de province, empêchant ainsi tout rassemblement.
Les organisateurs expriment leur déception face à cette intervention, estimant que les droits et libertés fondamentaux consacrés par la Constitution sont violés par ceux qui sont censés les protéger.
« Nous sommes sidérés, nous sommes vraiment au regret de constater que les droits et libertés fondamentaux consacrés par la Constitution de la République démocratique du Congo continuent d’être violés de manière flagrante par les personnes appelées à les protéger. À l’heure où je parle, je n’ai pas encore reçu la lettre du gouverneur qui aurait, je le dis au conditionnel, interdit la marche. Et c’est quelque chose qui ne fait pas avancer le pays, car le droit que nous réclamons est celui à l’éducation, à la santé, des droits fondamentaux qui constituent le cheval de bataille du Président de la République », a déploré Stéphane Kamundala, coordonnateur de cette structure citoyenne.
Rappelons que cette marche de la société civile, qui devait aboutir à la lecture d’un mémorandum adressé au chef de l’État, visait à attirer l’attention de la communauté nationale et internationale sur les conséquences de cette décision sur la vie des enfants, dont l’éducation est compromise, et des malades qui peinent à accéder aux soins.
Prince Mwembo/ Maniema








