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RDC : à l’ISS, la DG Dédé Aliango exhorte les étudiants à maîtriser les financements alternatifs pour développer leurs projets




L’Institut supérieur de statistique de Kinshasa (ISS) a organisé ce vendredi 20 mars, une conférence-débat autour du thème : « Financements alternatifs pour le développement de l’entrepreneuriat des jeunes congolais : enjeux et perspectives ».

‎La cérémonie a eu lieu en présence de plusieurs corps académiques, estudiantins et autres opérateurs économiques.

‎Ouvrant cette conférence-débat, la direction générale de l’ISS, qui a centré son speech autour du sous-thème : « financements alternatifs : typologies et expériences africaines », a épinglé les difficultés auxquelles font face les entrepreneurs dans le financement traditionnel, notamment l’absence de crédits, les taux d’intérêt élevés, le manque de garanties, et bien d’autres.

‎D’après la professeure Dédé Aliango Marachto, le financement alternatif offre plusieurs avantages aux jeunes entrepreneurs : des processus simplifiés, une compréhension plus fine des enjeux de l’innovation. Au-delà du capital, elle a indiqué que les financements alternatifs apportent un réseau de mentors, une communauté de soutien et une visibilité précieuse pour un projet.

‎Elle a encouragé les jeunes à s’associer à d’autres personnes ayant de l’expérience dans le domaine dans lequel ils comptent se lancer, afin de garantir la réussite ou la solidité de leurs projets et de convaincre les bailleurs de fonds.

‎Pour sa part, Syntiche Boole, experte en finance inclusive au sein de Hope Invest Corporation, qui est intervenue autour du sous-thème « infrastructures et innovations technologiques au service des financements alternatifs », a fait savoir que les jeunes ont souvent des projets ambitieux, mais sont butés au manque d’accès aux financements traditionnels, à cause d’exigences bancaires élevées, du manque de garanties et du poids de l’informel.

‎Elle a conclu son allocution en affirmant que les financements alternatifs ouvrent des opportunités considérables, mais que cela doit reposer sur la technologie, les infrastructures et les besoins locaux.

‎Intervenant autour du sous-thème « entrepreneuriat des jeunes en RDC : obstacles structurels à l’accès au financement », Hélène Gakuru, directrice générale adjointe de la FOGEC, a relevé les différents défis auxquels font face les jeunes, plus particulièrement les étudiants qui se lancent dans l’entrepreneuriat, entre autres : la gestion du temps, la peur, le manque de crédibilité et de ressources.

‎Face à ces obstacles, elle a appelé les jeunes à passer à l’action, à renforcer la culture entrepreneuriale à travers les incubateurs et les formations, à faire preuve de discipline, à commencer petit et à trouver des solutions simples.

‎Pour clore, elle a invité les étudiants à choisir une idée ou un projet, à poser une action concrète, à en parler à quelqu’un pouvant les motiver, puis à le tester.

‎De son côté, Pierre Udoko, intervenant autour du sous-thème « la cryptomonnaie comme financement alternatif : enjeux et perspectives pour la RDC », a indiqué que la cryptomonnaie offre de nombreux avantages, mais souffre de l’absence d’un cadre formel en République démocratique du Congo, ce qui ouvre la voie à des abus, notamment le blanchiment des capitaux.

‎Il a souligné que la régulation demeure la voie par excellence pour permettre à l’État de tirer profit des externalités positives que peuvent générer les cryptomonnaies.

‎Pour clore ce débat, Clovis Okitoleko, associé gérant à Esika Moko, qui abordait le sous-thème « témoignage : parcours d’accès aux financements alternatifs », est revenu sur les difficultés rencontrées au début de son aventure entrepreneuriale, notamment la multiplicité des documents et le manque de financement.

‎Loin d’abandonner, il a fait preuve de résilience. Il a ainsi appelé les jeunes à ne pas considérer l’échec comme une fatalité, à voir le capital humain comme leur plus grand atout, à formaliser leurs entreprises afin de gagner la confiance des partenaires, et à faire preuve de résilience face aux défis internes et externes.

‎‎Dans son mot de clôture, la directrice générale de l’Institut supérieur de Kinshasa, la professeure Dédé Aliango Marachto, s’est réjouie de l’atteinte des objectifs assignés à cette conférence et débat, notamment d’avoir fait intérioriser cette thématique dans le quotidien des étudiants entrepreneurs.

‎ »L’objectif de cette conférence et débat était de pousser les étudiants à prendre à bras le corps la question des financements alternatifs et qu’ils commencent à réfléchir à comment amplementer les plateformes de financements alternatifs. Les décideurs doivent nous aider à doter le pays d’un cadre légal et réglementaire qui puisse encadrer les financements alternatifs, investir dans les infrastructures, mais aussi sensibiliser et diffuser cette forme de financement et voir par quels moyens l’implémenter dans le contexte congolais », a-t-elle déclaré.

‎Et d’ajouter :  »C’est possible si nous le voulons, si nous essayons de voir dans quelle mesure les implémenter. Tout part du contexte : les financements existent, mais la question est de savoir s’ils vont marcher dans notre contexte. Il y a des facteurs qui limitent la mise en place de ces financements. Nous sommes à l’université, nous sommes dans l’enseignement supérieur, nous faisons de la recherche ; il nous faudra approfondir cette thématique pour pouvoir trouver des solutions ».

‎Il sied de noter que le financement alternatif est un ensemble de solutions de financement proposées par d’autres acteurs que les banques : particuliers, plateformes en ligne, investisseurs privés, etc.

‎Josué Bengbazo

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