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Épidémie d’Ébola : jusqu’à 1 million de Congolais menacés de basculer dans la pauvreté, alerte le PNUD‎

L’épidémie d’Ébola en République démocratique du Congo ne constitue pas seulement une urgence sanitaire. Elle menace également l’économie, les moyens de subsistance des populations et les progrès du développement, selon une nouvelle évaluation du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

‎D’après un rapport publié, le mardi 30 juin, le PNUD renseigne que la flambée actuelle pourrait faire basculer jusqu’à 985 000 personnes supplémentaires dans la pauvreté si la crise se prolonge. À en croire ce rapport, les femmes figurent parmi les catégories les plus exposées en raison de leur forte présence dans le commerce informel et les activités de première ligne.

‎Le PNUD estime également que les répercussions pourraient dépasser les frontières de la RDC. Dans un scénario où l’épidémie s’étendrait aux pays voisins, les économies africaines pourraient enregistrer des pertes atteignant 3,6 milliards de dollars, accompagnées de dizaines de milliers de suppressions d’emplois et de fortes perturbations des systèmes de santé, d’éducation et des échanges commerciaux.

‎Même si la propagation reste limitée à la RDC et à l’Ouganda, le pays pourrait déjà perdre plus d’un milliard de dollars de PIB réel et environ 55 000 emplois. À l’échelle du continent, les perturbations commerciales et logistiques pourraient réduire le PIB de près de 2,37 milliards de dollars.

‎Le rapport met aussi en garde contre les effets indirects de la crise. Le redéploiement des ressources sanitaires vers la lutte contre Ébola risque d’affaiblir d’autres services de santé essentiels, avec des conséquences potentiellement dramatiques, notamment pour les nourrissons.

‎Face à cette situation, le PNUD recommande des mesures ciblées, notamment un soutien financier aux ménages les plus vulnérables, des dispositifs de protection sociale sensibles au genre, ainsi que des stratégies de contrôle sanitaire privilégiant des « frontières intelligentes » plutôt que des fermetures généralisées, afin de limiter les conséquences économiques tout en protégeant les populations.


Yannick Ekutshu

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