Le Centre de Traitement Ebola (CTE) de Bafwabango, situé à 51 km de Nia-Nia sur l’axe Isiro, a été réduit en cendres dans la soirée du mardi 30 juin 2026. La structure sanitaire et le Centre de santé Juhudi ont été incendiés par une foule en colère, plongeant la zone de santé de Nia-Nia dans une grave incertitude sanitaire, à quelques heures des festivités du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance.
Selon le médecin chef de zone, Docteur Joseph Pemanakue, la tension est née du refus d’une partie de la population de laisser l’équipe d’enterrement sécurisé prendre en charge un corps suspecté d’Ebola. La situation a rapidement dégénéré en violences.
Le bilan de l’attaque est lourd : outre l’incendie du CTE et du Centre de santé Juhudi, des stocks de médicaments ont été entièrement détruits. Deux personnes ont perdu la vie : un policier, tué lors d’une justice populaire, et un civil, atteint par balle.
Pris de panique, les infirmiers et les malades ont fui les lieux, laissant le centre totalement abandonné. Le Dr Pemanakue tire la sonnette d’alarme : au moment de l’incendie, le CTE accueillait deux malades confirmés d’Ebola et sept cas suspects, dont le sort reste inconnu.
« Le risque est très élevé car le corps a été manipulé par la population. Nous craignons une propagation à grande échelle de la maladie », prévient-il. Il déplore également l’absence de dispositif sécuritaire autour du centre, malgré des alertes répétées aux autorités.
Le médecin chef de zone condamne fermement ces actes et pointe aussi la responsabilité de certains leaders d’opinion accusés de diffuser de fausses informations sur Ebola.
« Cela provoque la résistance de la population et met en danger toute la communauté », dénonce-t-il.
Pour rappel, l’épidémie d’Ebola a été déclarée dans la zone de santé de Nia-Nia, précisément à Bafwabango, depuis le 12 juin 2026. Avec la destruction du seul centre de traitement de la zone et la disparition de neuf malades dans la nature, les autorités sanitaires redoutent désormais une perte de contrôle de l’épidémie dans ce corridor frontalier stratégique de l’Ituri.
Anderson Shada Djuma/Beni








