À l’occasion de la visite de travail du président sud-africain Cyril Ramaphosa à Kinshasa, la ministre d’État en charge des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, a dressé un tableau alarmant de la situation humanitaire en République démocratique du Congo, appelant à une mobilisation urgente face à une crise multidimensionnelle.
S’exprimant lors des échanges consacrés notamment à la riposte contre l’épidémie d’Ebola, la ministre a indiqué que plus de 15 millions de Congolais nécessitent actuellement une assistance humanitaire d’urgence.
Selon les chiffres présentés, 60 % des besoins humanitaires sont liés aux conflits armés et aux violences qui continuent d’affecter plusieurs provinces du pays. 25 % résultent des pandémies, tandis que 15 % sont provoqués par les effets des aléas climatiques, notamment les inondations et autres catastrophes naturelles.
Pour Ève Bazaiba Masudi, l’apparition de l’épidémie d’Ebola dans l’Est du pays ne fait qu’aggraver une situation déjà extrêmement fragile.
« Ebola vient aggraver la situation humanitaire. Nous sommes dans un cercle vicieux », a-t-elle déclaré.
La ministre Ève Bazaiba a particulièrement attiré l’attention sur les risques encourus par les milliers de personnes vivant dans les sites de déplacés, où les conditions sanitaires demeurent précaires.
« S’il y a Ebola dans les sites de déplacés, il y a risque qu’on puisse enterrer 1 000 personnes chaque jour », a-t-elle averti.
Face à cette menace, la ministre en charge des Affaires sociales estime que la réponse sanitaire ne peut être dissociée de l’assistance humanitaire. À l’en croire, les populations déplacées, confrontées à la faim, au manque d’abris et à l’absence de services sociaux de base, ne peuvent adhérer efficacement aux campagnes de sensibilisation sans une prise en charge globale.
« Nous avons besoin d’une action humanitaire d’urgence, en dehors de la riposte contre Ebola », a insisté la ministre.
Elle a souligné qu’il demeure difficile d’accéder aux sites de déplacés pour sensibiliser les populations sur les mesures de prévention sans répondre, au préalable, à leurs besoins essentiels.
« Il est difficile d’avoir accès aux sites de déplacés pour parler d’Ebola sans, au préalable, apporter une réponse à leurs besoins humanitaires, car un ventre affamé n’a point d’oreilles », a-t-elle expliqué.
Ève Bazaiba a enfin plaidé pour une approche intégrée combinant aide humanitaire, assistance alimentaire, protection des populations vulnérables et riposte sanitaire. Pour le gouvernement congolais, seule une mobilisation rapide et coordonnée permettra de faire face à une crise où se conjuguent conflits armés, catastrophes naturelles, déplacements massifs de populations et résurgence d’épidémies.
James Mushiya
RDC : Ève Bazaiba alerte sur une crise humanitaire “sans précédent” lors de la visite de Cyril RamaphoSa
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