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Un rayon d’espoir sur la RDC (Tribune de Paul Yuma Morisho)

Les Ecclésiastiques RDCongolais viennent de renoncer avec humilité et sagesse, à leur nomination à la direction du Fonds National de Solidarité, récemment créé ; ils pourraient servir au sein d’un Conseil d’administration ou de Surveillance, un organe collectif d’impulsion et de contrôle. Bravo !

De nos jours, il convient de savoir que la gestion est une science, un art, une opportunité de créer des richesses et un risque de gaspiller des ressources. Aucun un Ecclésiastique normalement formé pour amener les âmes à Dieu n’est introduit à cette science, ne possède cet art, n’est préparé à assumer les décisions d’opportunité, parfois contestables à court terme, mais généralement aptes à optimiser la profitabilité ou maitriser des risques à moyen et long terme, en mettant à profit des opportunités circonstancielles. Il n’est pas recommandé que des Ecclésiastiques, autorités morales, s’il en est, descendent dans l’arène des combats opérationnels et s’exposent ainsi à des erreurs éventuelles de gestion, inhérentes à l’exercice de la mission de dirigeant d’une institution, même le plus performant.

La direction d’une institution publique autonome, de surcroît, nouvelle, ne devrait jamais être confiée à une personne sur la base de la confiance personnelle et encore moins sur celle du militantisme politique. Elle doit être confiée, dans l’intérêt général, à des personnes pouvant faire valoir les qualifications pertinentes et les expériences professionnelles adéquates, toutes choses vérifiables au préalable, à l’aide d’un mécanisme de recrutement restreint ou public, mais nécessairement transparent et concurrentiel, inscrit dans un processus idoine de présélection, sélection, négociation des conditions de service et de travail et nomination.

C’est le lieu de nous rappeler du conseil de Barrack Obama : « L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions » (Accra, le 11 juillet 2009).

Selon moi, une forte institution se caractérise par l’intégration des facteurs suivants : un but visant la réponse à des besoins réels, actuels ou prévisibles des bénéficiaires ciblés, des objectifs précis, des organes pertinents d’administration et de gestion, une direction visionnaire, compétente et efficiente, un personnel qualifié, expérimenté, innovant et efficace, des ressources adéquates et suffisantes, des programmes et des stratégies perspicaces ainsi que le contrôle interne et externe des activités et l’évaluation des résultats selon les normes généralement admises. Dorénavant, l’Etat congolais devrait courageusement remédier la fatalité subie à l’accession du pays à l’indépendance, faute de cadres compétents et expérimentés.

Aujourd’hui, le pays dispose des cadres qui ont fait leurs preuves en matière de gestion. Il faut les mobiliser et leur confier les responsabilités qu’ils souscrivent de porter avec succès ou de subir des sanctions négatives en cas d’éventuels errements, au dire du Droit.

Paul Yuma Morisho
Consultant senior en développement des systèmes de gestion.
Abidjan, le 2 mai 2020

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