Après les fracassantes révélations de RFI sur l’assassinat de l’activiste congolais des droits de l’homme, Floribert Chebeya et son chauffeur, Fidèle Bazana, plusieurs organisations de la société civile appellent la justice congolaise à se saisir de nouveaux témoignages et réouvrir le procès.
À Kananga, au Kasaï Central, le Réseau des ONG de défense des droits de l’homme (REPRODHOC) appelle la justice à procéder à « l’arrestation immédiate » du général John Numbi cité comme acteur principal dans cet assassinat.
« Qu’on arrête immédiatement le général John Numbi puisque jusqu’à ce jour, nous considérons que c’était lui le premier suspect dans cet assassinat. Actuellement, nous sommes en train de nous dire il n’y a que la loi qui est au dessus de tous. », a indiqué à Actu30.cd ce mercredi 10 février, Arthur Padinganyi, coordonnateur provincial de REPRODHOC.
D’après lui, le temps du régime de l’impunité est déjà révolu et que la justice devrait se saisir de nouvelles révélations pour réouvrir le procès afin de confronter le général John Numbi aux nouveaux témoins pour lesquels il faut une forte sécurité.
Padinganyi demande, par ailleurs, l’exhumation des corps de Chebeya et Bazana pour un enterrement digne de leurs noms.
« Nous en tant que défenseurs des droits de l’homme, nous sommes liés par le lien de solidarité. La procédure judiciaire peut faire que l’on puisse exhumer les restes de leurs corps et puis préparer de bonnes funérailles pour être enterrés de nouveau avec dignité », a-t-il demandé.
Dans une enquête de RFI, les policiers Hergil Ilunga et Alain Kayeye Longwa, en fuite à l’étranger, apportent un nouvel éclairage dans le double assassinat de ces deux activistes des droits de l’homme.
Ces deux policiers disent ne pas connaître les identités de Chebeya et de Fidèle Bazana, mais pointent du doigt le général John Numbi et le major Christian Ngoy, qui étaient, d’après leurs témoignages, le commandant de l’opération de cet assassinat. Ils affirment que c’est à l’Inspection Générale de la Police que les deux activistes ont été « étouffés ».
Le 2 juin 2010, le directeur de l’ONG La Voix des Sans Voix (VSV), Floribert Chebeya, et son chauffeur, Fidèle Bazana, auraient été assassinés dans les locaux de l’Inspection générale de la Police.
Mwambilayi/Kananga








