Le mouvement citoyen Po Na Congo, en collaboration avec la Synergie pour la Transparence des Processus de Paix (STP), a organisé, le vendredi 11 juillet à Kinshasa, un débat général autour des différents processus de paix en RDC.
Cette rencontre a réuni des acteurs religieux, politiques et académiques pour débattre sur les voies et moyens pour que les efforts de paix en RDC soient repensés à la lumière des réalités profondes du pays.
Premier à intervenir, le professeur Tshibangu Kalala, juriste et professeur d’universitaires, a offert une analyse technique et juridique de l’accord signé à Washington. Il en a salué certains acquis, notamment la tentative de relance diplomatique entre la RDC et le Rwanda, il a aussi mis en lumière des limites inquiétantes, par exemple le flou sur les mécanismes de mise en œuvre, l’absence d’engagement concret sur le désarmement des groupes armés, et surtout manque d’implication des communautés locales.
« Un accord de paix sans ancrage populaire est voué à l’échec », a-t-il averti.
L’ancien député Thomas Luhaka, dans son intervention d’analyses politiques, a énuméré les causes structurelles des conflits qui minent le pays, notamment clientélisme politique, tribalisme, exclusion, corruption et manque de gouvernance inclusive.
Il a proposé comme l’une des solutions, le leadership cohésif. Il s’agirait, selon lui, d’un modèle de gouvernance qui dépasse les logiques ethniques, familiales ou partisanes.
« Le Congo a besoin d’un leader qui gouverne au-delà de sa famille, de son parti politique et de sa province. C’est ainsi que l’on pourra restaurer la confiance des citoyens », a-t-il déclaré.
Pour sa part, Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, a rappelé que tout processus de paix doit s’attaquer aux causes profondes des conflits pour être véritablement efficace.
« Dans un processus de paix, si on ne cherche pas les causes profondes, on ne fait rien du tout », a-t-il martelé.
Le porte-parole de la conférence épiscopale nationale du Congo a exprimé des réserves claires sur l’accord de paix signé le 27 juin dernier à Washington entre la RDC et le Rwanda. Selon lui, cet accord ignore les racines historiques, sociales et communautaires des violences dans l’Est du pays. Il a ainsi plaidé pour une approche holistique et a présenté le pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble, porté par la CENCO et l’Église du Christ au Congo (ECC), comme un cadre de réflexion nationale pouvant inspirer les politiques publiques.
« Ce pacte est destiné à inspirer les gouvernants, les scientifiques et les citoyens engagés, afin de construire une vision partagée de l’avenir du Congo », a-t-il souligné.

Présent à cette activité, l’opposant congolais Martin Fayulu a plaidé pour un dialogue inclusif. Le coordonnateur de la coalition Lamuka a indiqué que seule une concertation franche et sincère entre toutes les parties prenantes peut ouvrir la voie à la réconciliation nationale et à la stabilité durable.
La conférence s’est clôturée par un appel unanime à plus de transparence, de participation citoyenne et de cohérence dans les processus de paix. Les trois intervenants ont insisté, chacun à leur manière, sur la nécessité d’un dialogue structuré et sincère entre les acteurs politiques, les leaders religieux, les chercheurs et la société civile.
James Arjoun M.








