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Afrique : structurer le secteur artisanal et promouvoir le bois légal, principales recommandations du colloque sur le bois à Kinshasa‎



Après deux jours de débats intenses, le colloque sur les marchés domestiques du bois en Afrique centrale a pris fin, le mercredi 24 septembre à Kinshasa, en laissant aux décideurs une série de recommandations stratégiques destinées à redonner toute sa place à un secteur longtemps marginalisé au profit de l’exportation.

‎Organisée par le CIFOR-ICRAF et l’ATIBT, en partenariat avec la COMIFAC, cette rencontre a réuni des chercheurs, des représentants étatiques, des organisations régionales et des acteurs privés venus de la RDC, du Cameroun, du Congo, de la RCA et du Gabon. L’objectif affiché : trouver des solutions crédibles pour assurer un approvisionnement durable et abordable des marchés locaux en bois d’œuvre.

Un secteur artisanal à reconnaître et à structurer

‎Les échanges ont mis en évidence un paradoxe majeur : la production artisanale de bois, souvent informelle, équivaut au volume produit par l’industrie forestière moderne dans certains pays, sans pour autant générer de recettes fiscales suffisantes pour les États.

‎« Le secteur artisanal rend service aux populations, mais reste peu maîtrisé. Cela représente pour certains pays un manque à gagner estimé entre 15 et 20 millions de dollars par an », a rappelé Hervé Maïdou, Secrétaire exécutif de la COMIFAC.

‎Face à cette réalité, les participants ont recommandé la reconnaissance officielle des artisans forestiers, accompagnée d’un mécanisme d’encadrement et de régulation. L’enjeu est double : améliorer la disponibilité du bois pour les ménages à des prix abordables, tout en augmentant les recettes publiques.

Les recommandations aux décideurs

‎Au terme des travaux, plusieurs pistes d’action ont été formulées pour guider les gouvernements et leurs partenaires, dont :

‎- Intégrer le secteur artisanal du bois dans les politiques nationales afin de le structurer et d’assurer sa contribution à l’économie formelle;

‎- Promouvoir le bois légal et durable par des campagnes de sensibilisation auprès des consommateurs et des opérateurs économiques;

‎- Faciliter l’accès aux financements pour les petits exploitants et artisans, afin d’améliorer leurs techniques et la traçabilité de leur production;

‎- Mettre en place une fiscalité adaptée, permettant à l’État de capter une partie des revenus générés sans étouffer la filière artisanale;et,

‎- Renforcer la coopération régionale autour d’une feuille de route commune portée par la COMIFAC, avec un suivi régulier au niveau ministériel.


Vers une feuille de route régionale

‎Les organisateurs ont insisté sur la nécessité de ne pas laisser les recommandations dans les tiroirs. Une feuille de route sera élaborée avec l’appui technique du CIFOR-ICRAF et de l’ATIBT, puis soumise au Conseil des ministres de la COMIFAC. Objectif : transformer les discussions de Kinshasa en engagements concrets pour une meilleure gouvernance des marchés domestiques du bois.

‎« Il est essentiel que cette réflexion dépasse le cadre académique pour se traduire en politiques publiques et en mesures régionales coordonnées », a conclu Hervé Maïdou.

‎Avec ces recommandations, les acteurs espèrent désormais que les marchés domestiques du bois d’Afrique centrale ne seront plus les « oubliés » des stratégies forestières, mais deviendront un levier de développement durable, bénéfique à la fois pour les populations, les États et les écosystèmes.

Mushiya

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