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Kinshasa : lancement du colloque international sur les marchés domestiques du bois en Afrique centrale‎


‎Les travaux du colloque international sur les marchés domestiques du bois en Afrique centrale, ont débuté ce mardi 23 septembre à Kinshasa. Cette rencontre de deux jours, soit du 23 au 24 septembre, organisée par le Centre de recherche forestière internationale et le Centre international de recherche en agroforesterie (CIFOR–ICRAF) ainsi que l’Association technique internationale des bois tropicaux (ATIBT), réunit les principaux acteurs du bassin du Congo autour d’un objectif clair : assurer un approvisionnement efficace, légal et durable des marchés locaux en bois d’œuvre.

‎Le colloque se fixe plusieurs objectifs notamment, caractériser l’évolution des marchés domestiques de bois d’œuvre au cours de la dernière décennie ; Identifier les freins à la fourniture de sciages d’origine légale et Promouvoir le bois légal et durable auprès des consommateurs et des entreprises.

‎Pour le représentant du ministère de l’Environnement et Développement durable, il s’agit de corriger une politique « trop longtemps centrée sur l’exportation industrielle », alors que les marchés locaux « constituent le tissu vivant de nos économies », mais souffrent d’informalité, de pertes fiscales et de pratiques non durables.

‎Un secteur longtemps négligé

‎Pendant plusieurs décennies, les politiques publiques et internationales se sont focalisées sur les grandes concessions forestières et les marchés d’exportation, reléguant au second plan la consommation domestique de bois. Pourtant, ce marché représente une source importante d’emplois, de revenus et de matériaux pour des milliers de familles et d’entreprises locales.

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‎« Les marchés domestiques ne doivent plus être considérés comme informels ou secondaires. Ils sont, au contraire, un levier stratégique pour valoriser les bois tropicaux localement, créer des opportunités économiques inclusives et renforcer la sécurité économique et environnementale », a souligné Alain Tiotsop de l’ATIBT.

Une dynamique régionale

‎Pour Hervé Maïdou, secrétaire exécutif de la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC), ce colloque s’inscrit dans le cadre des efforts régionaux visant à harmoniser les politiques forestières et à renforcer la gouvernance.

‎« Il s’agit de mieux comprendre les dynamiques et les enjeux autour du bois domestique, qui varient d’un pays à l’autre, et d’envisager des pistes de solutions pour améliorer la fiscalité, la réglementation et la structuration de l’exploitation artisanale », a-t-il expliqué.

Vers une reconnaissance des marchés domestiques

‎Depuis les années 2010, plusieurs études ont démontré l’importance socio-économique du bois consommé localement. Toutefois, faute de suivi et de financements, les recommandations formulées lors des précédents ateliers n’ont pas trouvé de traduction concrète. Le colloque de Kinshasa ambitionne de combler ce vide en rassemblant chercheurs, décideurs, exploitants artisanaux et industriels, afin de tracer une nouvelle voie.

‎En mettant au centre du débat les marchés domestiques, longtemps relégués dans « l’angle mort » des politiques forestières, cette rencontre entend transformer ce secteur en un moteur de durabilité et de développement inclusif pour l’Afrique centrale.

‎La rencontre se clôturera par la formulation de recommandations stratégiques destinées à guider les politiques publiques et les initiatives privées vers une exploitation durable, bénéfique à la fois sur les plans socio-économique et environnemental.

Mushiya

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