La République démocratique du Congo a réaffirmé, à Genève, son engagement en faveur de la protection des réfugiés et des personnes déplacées internes.
C’était à l’occasion de la 76ᵉ session du Comité exécutif du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), où le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, représente la RDC.
La participation du Congo-Kinshasa à ce grand rendez-vous humanitaire traduit, selon lui, la volonté du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo de renforcer la coopération internationale, de protéger les populations vulnérables et de promouvoir des solutions durables fondées sur la paix, la sécurité et la dignité humaine.
Dans son allocution, le VPM Shabani Lukoo a d’abord salué « le courage et la résilience de milliers de personnes contraintes de quitter leur pays ou leur lieu de résidence dans des conditions souvent tragiques ».
Il a également exprimé la gratitude du gouvernement congolais envers le Haut-Commissaire du HCR pour son engagement constant en faveur des déplacés congolais, rappelant sa récente visite en RDC, témoin de la gravité de la crise humanitaire à l’Est du pays.
« Le HCR demeure un partenaire clé, et ses efforts inlassables pour protéger et assister les réfugiés et apatrides méritent d’être salués », a déclaré le VPM.
Malgré les efforts engagés, la situation demeure préoccupante, a reconnu le représentant du gouvernement.
Au 31 août 2025, la RDC hébergeait plus de 512 000 réfugiés, auxquels s’ajoutaient près de 5,8 millions de déplacés internes et plus de 1,2 million de réfugiés congolais à l’étranger. Les récentes crises au Soudan du Sud et en République centrafricaine ont encore aggravé la situation, ajoutant près de 88 000 nouveaux réfugiés sur le territoire congolais.
Face à cette pression humanitaire croissante, le gouvernement et le HCR s’efforcent de mobiliser davantage de ressources financières pour répondre aux besoins urgents des populations déplacées.

Le Vice-Premier ministre a rappelé les initiatives diplomatiques entreprises par Kinshasa pour restaurer la paix dans la région, condition essentielle au retour des réfugiés. Il a cité notamment l’accord de paix signé le 27 juin 2025 à Washington entre la RDC et le Rwanda, ainsi que la poursuite du processus de paix à Doha entre le gouvernement et le mouvement rebelle AFC-M23.
« Le retour des réfugiés devra être volontaire, organisé et durable, accompagné de programmes de réintégration et de reconstruction post-conflit », a précisé J. Shabani.
Le représentant de la RDC a également énuméré plusieurs progrès enregistrés depuis l’adhésion du pays au Pacte mondial sur les réfugiés en 2023.
Parmi les avancées citées :
- la simplification de la procédure de détermination du statut des réfugiés,
- le rapatriement volontaire de plus de 3 500 réfugiés centrafricains,
- la transmission à la Commission des lois du projet de ratification des conventions de 1954 et 1961 sur l’apatridie,
- et l’intégration des personnes déplacées dans le Plan national stratégique de développement.
Ces efforts traduisent la volonté politique du gouvernement congolais d’inscrire la question humanitaire au cœur de son agenda de gouvernance.
En conclusion, le Vice-Premier ministre Shabani Lukoo a réitéré la détermination du gouvernement congolais à œuvrer pour des solutions durables et humaines au sort des réfugiés.
« Notre ambition est claire : faire de la paix et de la stabilité les piliers d’un retour volontaire et digne de nos compatriotes réfugiés », a-t-il insisté.
En participant activement à cette 76ᵉ session du Comité exécutif du HCR, la RDC confirme son rôle moteur dans la recherche de solutions africaines aux défis humanitaires du continent.
Rachel Kitsita








