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Littérature : Mike Kasongo livre la recette de la prise de conscience dans son ouvrage « Le changement, c’est d’abord moi » (Interview exclusive)

Le monde culturel s’apprête à accueillir « Le changement, c’est d’abord moi », une œuvre de réflexion signée Mike Kasongo, leader de jeunes et acteur engagé du changement social.

La cérémonie de vernissage de cet ouvrage est prévue pour la fin du mois de février dans la ville de Mbujimayi, chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental.

Dans une interview exclusive accordée ce matin à Actu30.cd, l’auteur revient sur les motivations qui l’ont conduit à écrire ce livre, les leçons essentielles qu’il véhicule et adresse un message fort à toute la communauté.

« Le changement que nous voulons doit d’abord commencer par nous-mêmes, par notre être intérieur », a-t-il déclaré.

Voici l’intégralité de l’interview.

Mike Kasongo, bonjour. Pourquoi « Le changement, c’est d’abord moi » ?

Mike Kasongo :
« Le changement, c’est d’abord moi est un livre que j’ai écrit et que je suis en train de publier. Qu’est-ce qui m’a poussé à l’écrire ? C’est ce que je vivais autour de moi. À un moment de ma vie, précisément entre 2017 et 2018, j’ai réalisé que tout le monde parlait du changement : changement de régime politique, changement de leadership, changement de système… Mais personne n’acceptait sa part de responsabilité.

Chacun accusait l’autre. La population accusait les dirigeants, alors que ces dirigeants sont élus par cette même population. Les leaders, de leur côté, accusaient ceux qui les avaient portés au pouvoir. Finalement, je me suis posé une question fondamentale : quelle est notre responsabilité dans tout cela ?

Nous sommes ces citoyens qui votent, qui promeuvent les leaders politiques, économiques et sociaux. Aucun leader ne s’impose seul. C’est là que j’ai compris qu’il y avait aussi un problème qui venait de nous. Il était nécessaire que chacun change avant d’exiger le changement chez l’autre.

C’est ainsi qu’en juin 2019, avec un groupe de jeunes, nous avons lancé une campagne intitulée « Le changement, c’est d’abord nous ». L’objectif était clair : revendiquer le changement, oui, mais commencer par nous-mêmes, par notre manière de penser, par la gestion de notre environnement immédiat, de notre maison, de notre petite entreprise.

Le pays, la ville ou la province ne sont pas fondamentalement différents d’une maison que l’on doit gérer. À notre niveau aussi, nous sommes gouvernants. Voilà pourquoi nous avons affirmé que le changement commence par nous, par notre être intérieur. »

Quel est le message essentiel du livre « Le changement, c’est d’abord moi » ?

Le message central s’adresse particulièrement à la jeunesse, aux leaders aspirants et aux entrepreneurs. Le changement que nous voulons n’est ni un slogan, ni une promesse politique, encore moins une récitation. Le véritable changement commence par une décision personnelle.

Décider de ne plus accepter certaines réalités : ne plus tolérer l’insalubrité devant sa parcelle, refuser les antivaleurs, ne plus donner sa voix à des personnes qui ne méritent pas de représenter le peuple. Décider d’être une solution.

Je voudrais dire à ceux qui liront ce livre qu’ils ne sont pas impuissants. Nous sommes créés à l’image de Dieu, porteurs de valeur, de responsabilité et de capacité d’agir. Notre vie peut devenir une réponse aux problèmes que nous dénonçons : injustices, crises économiques, maladies.

Ce livre ne propose pas des solutions toutes faites. Il offre plutôt un schéma de prise de conscience, une vision cohérente et des actions concrètes pour devenir une solution dans son domaine.

Être le changement, concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?

Être le changement, ce n’est pas s’improviser réformateur. C’est accepter un processus quotidien qui commence par la manière de penser. Avant de voir les résultats, il faut d’abord changer son état d’esprit.

Face à une situation négative, est-ce que j’applaudis ? Est-ce que je me révolte ? Ou est-ce que j’agis ?
Le changement commence quand on refuse d’attendre : attendre le gouvernement, attendre un financement, attendre quelqu’un d’autre.

Croire que l’on peut être le changement, le proclamer, puis poser des actions concrètes, même petites.

Le changement personnel peut-il transformer une société ?

Absolument. La société est constituée d’individus, toi, moi et les autres. Si chaque individu change, la société change.

Les institutions sont importantes, mais elles sont dirigées par des hommes. Tant que l’homme ne change pas de l’intérieur, le monde ne change pas. Le changement intérieur finit toujours par se refléter à l’extérieur.

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À qui s’adresse ce livre ?

Ce livre s’adresse à toutes les catégories de personnes. À la jeunesse qui refuse la résignation, qui refuse de se victimiser, qui accepte sa part de responsabilité.

Il s’adresse aussi aux leaders actuels et futurs. On ne peut pas prétendre conduire les autres sans être soi-même transformé.

Enfin, ce livre s’adresse à tout citoyen qui veut cesser d’être spectateur de sa propre vie et de celle de sa communauté.

Quelles mentalités faut-il changer en priorité pour bâtir une nation forte ?

La première mentalité à changer est l’attentisme et le désengagement. Nous avons pris l’habitude d’attendre tout des autres : du gouvernement, de la communauté internationale, des partenaires étrangers.

Une nation forte se construit lorsque les citoyens comprennent que leurs comportements quotidiens influencent le changement.

Comment concilier changement individuel et responsabilité collective ?

Ces deux notions ne s’opposent pas, elles se complètent. Le changement individuel donne de la crédibilité et permet d’influencer les autres.

Quand un individu change, il devient une référence, parfois même sans parler. Il influence sa famille, son entourage et, progressivement, la société.

Quel message adressez-vous aux jeunes qui doutent de leurs capacités ?

Cher jeune, ne méprise pas ta capacité actuelle, même si elle te semble petite. On ne passe pas de 1 à 1 million sans commencer par 1.

Cesse de te comparer inutilement aux autres. Inspire-toi des bons modèles, mais compare-toi surtout à ce que tu étais hier et à ce que tu veux devenir demain.

Ton influence commence là où tu es. J’ai moi-même compris que je devais arrêter de blâmer les autres et commencer par m’améliorer chaque jour.

Ce livre n’est pas la solution. La solution, c’est ce que chacun choisira de faire après l’avoir lu.

Interview réalisée par James Mushiya

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