Le Fonds de promotion de l’Industrie (FPI) et l’Industrial Development Corporation (IDC) d’Afrique du Sud ont signé ce jeudi à Cape Town, un mémorandum d’entente avec pour le cofinancement de projets industriels en République démocratique du Congo. L’accord a été paraphé par le directeur général du FPI, Hervé Claude Batukonke, et la CEO de l’IDC, Mmakgoshi Lekhethe, en présence du ministre sud-africain du Commerce, de l’Industrie et de la Compétitivité, Parks Tau.
Cet engagement marque une nouvelle étape dans la coopération économique entre Kinshasa et Pretoria, avec un objectif clair : accélérer l’industrialisation de la RDC par des financements structurés, un transfert de compétences et un accompagnement technologique.
Des secteurs stratégiques ciblés
Le protocole d’accord prévoit le cofinancement des industries de transformation, la formation des ressources humaines congolaises ainsi que le transfert de technologies vers la RDC. Les domaines prioritaires sont : l’agro-business, l’énergie, la pharmacie, les infrastructures et les mines, avec une attention particulière accordée aux métaux critiques.
Cette orientation traduit une volonté commune de promouvoir la transformation locale des matières premières, afin de créer davantage de valeur ajoutée sur le sol congolais. À travers ce partenariat, le FPI entend stimuler la mise en place de chaînes de valeur intégrées, générer des emplois décents et réduire la dépendance aux importations.
La signature à Cape Town, en marge du prestigieux forum Mining Indaba, n’a rien d’anodin. Ce rendez-vous annuel réunit des milliers d’investisseurs et de compagnies minières du monde entier au Convention Centre et à l’hôtel Westin. En choisissant ce cadre international, le FPI et l’IDC ont placé leur accord sous le sceau de la visibilité et de l’attractivité économique.
Ce mémorandum intervient également dans la continuité de la mission économique RDC-Afrique du Sud organisée récemment à Kinshasa, au cours de laquelle les bases de cette collaboration ont été consolidées.
Depuis son arrivée à la tête du FPI, Hervé Claude Batukonke a multiplié les initiatives en faveur de l’ouverture internationale de l’établissement public. Les échanges avec les partenaires institutionnels et diplomatiques ont progressivement balisé la voie vers des alliances concrètes.
Cette dynamique s’inscrit dans la vision de diplomatie économique prônée par le président Félix Tshisekedi, qui encourage la mobilisation de partenariats stratégiques pour soutenir la transformation structurelle de l’économie congolaise.
Pour la CEO de l’IDC, les entreprises sud-africaines manifestent désormais une confiance accrue à l’égard du marché congolais. Selon elle, les défis éventuels doivent être perçus comme des opportunités d’investissement. Forte de ses 85 années d’expérience, l’IDC se dit déterminée à accompagner les opérateurs sud-africains désireux de s’implanter en RDC, rappelant qu’aucune industrialisation durable ne peut se faire sans financement solide.
Au-delà de l’accord-cadre, l’ambition affichée est de déboucher rapidement sur des projets concrets et la création de joint-ventures entre entreprises congolaises et sud-africaines. Le directeur général du FPI a d’ailleurs invité une délégation de l’IDC à se rendre prochainement à Kinshasa pour examiner le portefeuille de projets et les mécanismes de financement disponibles.
Pour le ministre Parks Tau, cette alliance économique entre les deux pays doit produire des résultats tangibles sous forme d’entreprises performantes et créatrices de richesse. Les gouvernements congolais et sud-africain ont réaffirmé leur soutien politique à cette coopération, considérée comme un levier majeur d’intégration régionale au sein de la SADC.
Avec cette signature, le FPI confirme son positionnement comme acteur central du financement industriel en RDC. La prochaine phase, attendue avec intérêt par les milieux d’affaires, consistera à transformer cette entente stratégique en investissements effectifs sur le terrain.
Rachel Kitsita








