• actu 30 200 x 1200px

Maniema : une province riche, mais enclavée, où la vie coûte jusqu’à trois fois plus cher qu’ailleurs‎‎


Malgré ses importantes richesses naturelles, notamment l’or et le coltan, la province du Maniema, située au centre-est de la République démocratique du Congo, accuse un sérieux retard de développement. Frontalière des provinces du Sud-Kivu et du Tanganyika, cette région reste aujourd’hui l’une des plus enclavées du pays.

‎L’absence d’infrastructures routières modernes constitue l’un des principaux obstacles à son développement. Presque toutes les marchandises et plusieurs déplacements s’effectuent par voie aérienne, faute de routes praticables reliant efficacement la province au reste du territoire national.

Cette situation entraîne une flambée du coût de la vie.

‎Dans la ville de Kindu, chef-lieu de la province, comme dans ses sept territoires, les prix des produits de consommation peuvent atteindre jusqu’à trois fois ceux pratiqués à Kinshasa ou à Kalemie. Certains produits illustrent cette réalité : une bouteille de Simba beer peut se vendre jusqu’à 17 000 francs congolais dans certains quartiers de Kindu.

‎Construire une maison dans la capitale provinciale devient un véritable parcours du combattant.

L’acheminement des matériaux de construction coûte cher et exige souvent de nombreux sacrifices financiers pour les habitants.

‎Bien que quelques efforts aient été réalisés pour asphalter certaines artères de la ville, l’état général des routes demeure préoccupant. Cette situation complique le travail des conducteurs de motos, qui constituent aujourd’hui le principal moyen de transport urbain pour la population.

À ces difficultés s’ajoute le prix élevé du carburant.

‎Dans certaines stations-service de Kindu, le litre d’essence peut atteindre 8 000 francs congolais, ce qui renchérit davantage le transport et les activités économiques locales.

Des attentes envers les autorités

‎Créée en 1988 à la suite du démembrement de l’ancienne province du Kivu, la province du Maniema a connu près de quinze gouverneurs jusqu’à ce jour. Elle dispose actuellement de 7 députés nationaux, 4 sénateurs, 20 députés provinciaux ainsi qu’un gouvernement provincial composé d’une dizaine de ministres.

‎Face aux difficultés persistantes, la population attend désormais des actions concrètes et un plaidoyer fort de la part de ses représentants afin que les défis liés à l’enclavement, aux infrastructures et au coût de la vie trouvent enfin des solutions durables.

Rachel Kitsita

À la une

Également sur Actu 30