La ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, recherche scientifique et innovation, Marie-Thérèse Sombo, a annoncé, devant les sénateurs, une refondation du secteur en République démocratique du Congo, reconnaissant un système marqué à la fois par des avancées et de profondes insuffisances.
Répondant à une question orale avec débat du sénateur Patrice Pungwe, la ministre Marie-Thérèse Sombo a salué les efforts engagés sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi pour mettre en place un système éducatif performant, inclusif, équitable et compétitif, centré sur la formation, la recherche et le service à la communauté.
Dans le même temps, elle a dressé un diagnostic lucide du sous-secteur de l’Enseignement supérieur et universitaire, évoquant notamment la prolifération et l’émiettement des établissements, dont plusieurs ne respectent pas les normes minimales requises. Elle a également pointé la prédominance des filières en sciences humaines et sociales ainsi que la vétusté avancée des infrastructures académiques, peu propices à un enseignement de qualité.
Malgré ces défis, la ministre Marie-Thérèse Sombo a mis en avant les actions menées par le gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa, notamment en matière de modernisation des infrastructures et d’amélioration des conditions socio-économiques du personnel académique, scientifique et administratif.
La politique gouvernementale vise à faire de l’enseignement supérieur un véritable moteur de développement économique, social et culturel, avec pour objectif de former des cadres qualifiés, adaptés aux exigences technologiques et capables de soutenir la croissance du pays.
S’agissant de la réforme du système LMD, instaurée par la loi-cadre de 2014 et encadrée par un décret de 2022, la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, recherche scientifique et innovation a précisé que les anciens programmes ont été abandonnés pour les deux premiers cycles au profit de nouveaux contenus en cours de révision après une évaluation à mi-parcours. Elle a indiqué que des études de marché sont déjà engagées en vue de l’année académique 2026-2027 afin de mieux aligner les formations aux besoins réels.
Elle a en outre énuméré plusieurs mesures visant à redynamiser le secteur, notamment la signature de contrats de performance par les comités de gestion, le respect des textes légaux dans la gestion du personnel, l’organisation des écoles doctorales, l’identification numérique des étudiants, le développement de l’enseignement à distance, le renforcement du dialogue social, les partenariats public-privé ainsi que la promotion des filières stratégiques.
Au total, 25 sénateurs ont soulevé des préoccupations, amenant le bureau du Sénat à accorder un délai de 48 heures à la ministre pour y répondre de manière exhaustive.
Au cours de la même séance, la Chambre haute a adopté un projet de loi portant prorogation de l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri. Sur 74 sénateurs ayant pris part au vote, 73 ont voté en faveur du texte, aucun contre et une abstention, selon le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde. Le texte sera transmis au Président de la République pour promulgation.
Yannick Ekutshu








