Le procès relatif au dossier Frivao s’est poursuivi ce mardi 19 mai à la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, en l’absence de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, pourtant attendu comme renseignant.
Lors de cette audience, un document médical transmis par son médecin a indiqué qu’il n’était pas en mesure de comparaître en raison de son état de santé. Une justification aussitôt contestée par le ministère public.
À la barre, le procureur a rejeté la validité de cette attestation, estimant qu’elle ne répond pas aux normes requises.
« Même un étudiant de première année de graduat sait qu’une attestation médicale doit être signée par trois médecins », a-t-il lancé.
Dans la foulée, le ministère public a procédé à la lecture d’une correspondance attribuée à Constant Mutamba, adressée à un officier chargé de lui notifier sa citation à comparaître. Le contenu, jugé offensant, vise le colonel dépêché pour cette mission.
Selon cette lecture, l’ancien ministre aurait tenu des propos particulièrement virulents :
« Colonel, tu commences à me suivre jusqu’aux toilettes ! J’ai combattu Corneille Nangaa, j’ai combattu Joseph Kabila. Je suis un ancien ministre de ce pays, je connais beaucoup de secrets. Sais-tu ce que nous nous sommes dit ? Ne viens plus ici. Que ce soit la dernière fois que tu m’apportes ce genre de document. Ils m’ont déjà condamné, qu’ils fassent ce qu’ils veulent », a-t-il dit.
Le ministère public dénonce une attitude d’« impolitesse » et annonce vouloir analyser en profondeur les documents médicaux avant de prendre d’éventuelles réquisitions.
Il sied de noter que Constant Mutamba est cité comme témoin dans cette affaire de détournement présumé de deniers publics alloués au Frivao.
Josué Bengbazo








