Le ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi, a dressé, le lundi 25 mai, un tableau sombre de la situation du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo lors de son intervention devant les sénateurs, à l’occasion d’une question orale avec débat consacrée à la gestion du secteur agricole en République démocratique du Congo.
Selon le ministre, ce projet destiné à accroître la production agricole, améliorer les rendements, attirer les investissements et créer des emplois dans la province du Kwango, ne répond plus aujourd’hui aux objectifs initiaux fixés par l’État congolais. Il estime que le montage financier, technique et opérationnel mis en place à l’époque a davantage servi les intérêts des partenaires privés que ceux du gouvernement.
« J’ai envoyé des missions sur place. Ce que j’ai constaté, c’est que les équipements ont été en grande partie cannibalisés, donc le projet est à refaire (…). Nous avons fait une proposition ensemble avec la ministre du Portefeuille qui gère ce parc, afin que le terrain soit remis à notre disposition pour que nous puissions y lancer d’autres activités agricoles », a déclaré Muhindo Nzangi devant les sénateurs.
Le ministre a également indiqué qu’une procédure judiciaire est en cours afin d’établir les responsabilités dans la gestion du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo.
Pour rappel, la Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo avait condamné, le 20 mai 2025, Augustin Matata Ponyo à 10 ans de travaux forcés ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité. L’ancien Premier ministre, qui a dirigé le gouvernement entre 2012 et 2016, avait été reconnu coupable du détournement présumé de 156.849.413 dollars américains destinés au développement du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, aux côtés de l’ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo.
Auteur de la question orale avec débat sur la gestion du secteur agricole en RDC, le sénateur Willy Itsundala Asang a, de son côté, formulé plusieurs recommandations. Il a notamment plaidé pour une redéfinition de la politique agricole nationale, un audit des programmes agricoles, particulièrement dans les provinces, ainsi qu’un partage équilibré des tracteurs entre les différentes provinces du pays.
Yannick Ekutshu








