RDC : Pour J. Shabani, la présidentielle au suffrage indirect ramenera le pays dans « le scandale de corruption qui a caractérisé les scrutins des gouveneurs et sénateurs »

La question de l’organisation présidentielle au suffrage indirect telle que soulevée par certains cadres du Front commun pour le Congo (FCC) dont le député Alphonse Ngoy Kasanji ne laisse pas indifférents plusieurs acteurs politiques et de la société civile.

C’est le cas de Jacquemain Shabani, cadre de l’UDPS, qui, au cours d’une interview réalisée ce mercredi 9 septembre avec Actu30.cd, a souligné que cette démarche viole les prescrits de l’article 70 de la constitution, du reste verrouillé par l’article 220.

« Le député national du PPRD est allé au-delà de toute réflexion normale. Nous réfléchissons tous sur les réformes pour améliorer le processus électoral. Cette question est d’actualité dans tous les salons politiques. Mais le député [Ngoyi Kasanji, ndlr] a oublié qu’il y a des matières qui sont verrouillées par la Constitution. Le suffrage universel qui fait l’objet de l’élection du Président de la République fait partie des matières verrouillées par l’article 2020 de notre constitution », a-t-il dit au micro d’Actu30.cd.

Selon lui, organiser la présidentielle au suffrage indirect revient à ramener le pays dans le scandale de corruption ou de fraude qui se produit lors des seuls scrutins qui se tiennent par le mode indirect à savoir : les élections des gouveneurs des provinces et des sénateurs.

« Nous avons un très mauvais souvenir du vote au suffrage indirect en ce qui concerne les élections des gouveneurs et sénateurs. Le Président de la République avait interpellé l’opinion publique sur cette question en sollicitant l’ouverture des enquêtes. La dynamique dans laquelle nous nous trouvons en ce qui concerne l’État de droit est une des solutions qui va nous permettre à ne plus revivre ce genre de scandale mais ce n’est pas aussi l’occasion de vouloir nous ramener à la même chose. La crainte c’est de nous ramener dans le même scandale. Ici [avec les élections au suffrage indirect, ndlr], il s’agit plus de corruption, de manipulation des électeurs », a indiqué Jacquemain Shabani.

Cet ancien secrétaire général de l’UDPS insiste par ailleurs à la sincérité au sein de la coalition FCC-CACH afin de bien cheminer pour l’intérêt du peuple congolais.

Pour rappel Alphonse Ngoy Kasanji avait déclaré que la présidentielle au suffrage indirect permettra au pays d’économiser des moyens qui peuvent concourir à son développement.

Corneille Lubaki