L’Hôtel de ville de Kinshasa a mis en place, le jeudi 7 mai, une commission ad hoc chargée d’approfondir les enquêtes sur des allégations d’abus sexuels visant le promoteur du Lycée Madame de Sévigné.
L’annonce a été faite par le ministre provincial de l’Éducation, Thierry Tshitenga, lors d’une séance plénière à l’Assemblée provinciale de Kinshasa, en réponse à une question d’actualité soulevée par le député provincial Diyabanza Mwananene Martyr.
Selon le ministre Thierry Tshitenga, cette commission a été constituée à l’issue d’une réunion tenue avec les directeurs et inspecteurs des différentes provinces éducationnelles. Sa mission consiste à entendre toutes les parties concernées afin d’établir la vérité des faits.
Les investigations devront notamment permettre d’auditionner le dénonciateur, les témoins éventuels, le personnel enseignant et administratif des établissements concernés, les membres des comités de parents, d’anciens élèves disposés à témoigner ainsi que la personne mise en cause.
« Les faits allégués se seraient déroulés en milieu scolaire, un espace qui doit rester un lieu de protection, d’éducation et de formation des enfants », a déclaré Thierry Tshitenga devant les élus provinciaux.
Cette affaire a commencé à prendre de l’ampleur après l’intervention médiatique d’un parent d’élève contestant l’exclusion définitive de son fils du lycée concerné. À la suite de cette sortie publique, plusieurs témoignages similaires ont émergé dans les médias et sur les réseaux sociaux, évoquant de présumés abus sexuels subis par certains élèves de l’établissement.
Face à la gravité des accusations, le ministère provincial de l’Éducation affirme avoir engagé plusieurs démarches en collaboration avec le ministère national de l’Éducation et l’Inspection générale de l’enseignement.
Une première mission d’enquête conduite par l’Inspection principale de la province éducationnelle de Lukunga a déjà permis d’auditionner certains membres du personnel enseignant ainsi que plusieurs élèves, débouchant sur un premier rapport administratif.
Le ministre provincial de l’éducation a également confirmé avoir reçu, le 27 avril dernier, le père du présumé élève victime avant la réception officielle de sa dénonciation écrite le 29 avril 2026.
Toutefois, le ministre provincial de l’éducation a précisé qu’à ce stade, les éléments recueillis ne permettent pas encore de confirmer formellement les accusations relayées publiquement, même si plusieurs sources évoquent des faits nécessitant des investigations approfondies.
Parallèlement aux enquêtes, les autorités provinciales annoncent un renforcement des mécanismes de prévention et de lutte contre les violences sexuelles en milieu scolaire.
Le président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, Lévy Mbuta, a indiqué qu’un travail est en cours avec la division Genre ainsi qu’avec la section spécialisée de la Police Nationale Congolaise afin d’organiser des campagnes de sensibilisation et de mettre en place des mécanismes d’alerte dans les établissements scolaires de la capitale.
Il a également salué l’implication du ministre provincial de l’Éducation dans le traitement du dossier, tout en rappelant que la justice demeure saisie de l’affaire et qu’aucune conclusion définitive ne peut être tirée à ce stade.
Mechack Wabeno








